Grampians

Les Grampians pourraient être un candidat pour le grès le plus solide du monde. Le cadre est magnifique et sauvage. Il y est possible de s’isoler notamment sur certains sites où la marche d’approche est plus longue. On y trouve de l’escalade sportive, traditionnelle ou du bloc.

Malheureusement, le site souffre d’une mauvaise réputation parmi certains grimpeurs australiens. « Les sites sont durs à trouver, il n’y a pas de voies faciles ou ce n’est pas bien pour les voies sportives » sont des choses que l’on a pu entendre. C’est vrai que les falaises ne se trouvent pas à côté de la route et du camping comme à Arapiles. Il faut conduire sur des dirt roads pour rejoindre les parkings et marcher ensuite dans le bush parfois pendant une demi heure pour rejoindre les falaises. C’est vrai aussi qu’en escalade sportive il n’y a pas beaucoup de facile dans les Grampians. Mais c’est le paradis pour les grimpeurs de 7 et de 8. Des voies intimidantes de Taïpan Wall, aux murs techniques de Tribute en passant par les dévers de Muline, il y a de quoi s’éclater.

Avec la fermeture de certains secteurs par le parc national et le peu d’informations que nous avions sur le site, nous sommes arrivés aux Grampians avec l’idée d’y passer 3 jours et y faire un peu de randonnée et de bloc.

Mais dès le 1er jour, en nous promenant à Summerday Valley, à côté de Hollow Moutain, nous sommes tombez sur un couple de grimpeurs vivant en Australie, James et Barbara, qui nous ont vanté les atouts des Grampians (la qualité du rocher, le paysage, la diversité des animaux, l’isolement…) et nous ont rassurés quand aux possibilités de grimper malgré les problèmes de fermetures de secteurs. Ainsi, au lieu des 3 jours prévus, nous sommes resté 10 jours dans les Grampians. On a tout simplement adoré.

Nord des Grampians

Nous avons commencé l’escalade au nord du parc des Grampians : à Taïpan Wall et Spurt Wall.

Beaucoup dirons que Taïpan Wall est le plus beau mur de l’Australie et c’est vrai que la falaise en impose. Le secteur est aussi caractérisé par ses voies très longues, engagées et complétement scary. Sur la marche d’approche nous avons croisé des locaux à qui nous avions confié que nous trouvions la falaise intimidante. Ils nous ont répondu qu’après 20 ans de grimpe à Taïpan Wall, ils sont toujours aussi impressionnés par l’escalade sur ce mur.

A droite de Taïpan Wall, sur le secteur Spurt Wall, on peut trouver des voies plus courtes, moins engagées mais non moins costaudes. La voie classique pour l’échauffement est Spurting Mildly, un 22 explosif sur 4 dégaines. Une échauff plutôt violente.

Ensuite nous avons fait Lord of the Jerks, une 23 aussi très courte et très bloc. Michel a enchaîné à vue mais Estelle a dû mettre plusieurs essais dedans avant d’enchaîner à cause d’un pas difficile pour les petits.

La voie la plus faite est du secteur est Dial-a-Lama, une 24 réputée dure pour la cotation. Estelle a travaillé cette voie mais sans réussir à l’enchaîner pendant que Michel a grimpé dans Menstrual as Anything Direct, 25, qu’il a enchaîné au 2ème essai. Estelle ne l’a pas essayé car le début de la voie est lisse avec des trous espacés et avec un jeté. Ce n’est donc pas la voie la plus facile pour les petites tailles.

C’est après cette mise en bouche que Michel c’est attaqué à Mr Joshua, 25 dans le Taïpan Wall. La montée de paires a été très intimidante. La voie est longue, les points sont espacés et il faut rajouter des friends après le passage clé. Pas facile lorsqu’on a déjà les bouteilles. Après cette montée ponctuée de nombreux arrêts, il a voulu déséquiper la voie mais Estelle l’a convaincu de la travailler. Le lendemain, il a réussi à l’enchaîner au 2ème essai.

Le 3ème et 4ème jour, James et Barbara nous ont emmené aux secteurs Tribute, Bad Moon Rising et Van Diemens Land. Les 3 sont très proches l’un de l’autre. Le style est différent de Taïpan Wall. Ce sont des murs verticaux sur petites réglettes. Les voies plus faciles à Tribute (en dessous de 20) sont bien structurées. Au fur et à mesure que les cotations montent les prises deviennent plus petites mais les voies restent tout aussi belles comme Midnight Soiled, 22, By jovi, 23 ou Jet, 24.

Au secteur Bad Moon Rising, on grimpe sur un mur noir et vertical. Nous y avons fait une de nos plus belle voie dans ce style : Rage and Ruin, 23.

Van Diemens Land est un peu plus déversant que les secteurs précédant avec des grands trous.

Terminal Insomnia, 22, est une voie assez variée. Elle est physique au début puis deviens plus technique. La fin est facile mais run out (peut être 10 mètres entre le dernier point et le relais). Mais avec une sangle et un friend, on a diminué l’engagement.

Cosmic Psycho, 23, est plus dure mais un peu moins belle avec des mouvements loin et violent. Estelle ne l’a pas essayé à cause de ce côté morpho.

Centre des Grampians

Autour d’Halls Gap, la ville principale des Grampians, ont trouve plusieurs secteurs. Cette région nous a un peu moins inspirée que les secteurs au nord et au sud donc nous y avons moins grimpé. Nous n’avons fait qu’un seul secteur Bundaleer. C’est un secteur avec un bon mélange de voies trad, mixtes et sportives.

Le grès est différent des autres sites des Grampians qu’on avait déjà vu. Un poil moins solide mais quand même super pour grimper avec quelques formes de prises assez curieuses.

Dans la voie Lunging for Melons L1, 22, ce sont des espèces de grosses boules qui ressortent du mur vertical.

Manic Depressive, 24 est une voie très déversante avec un départ un peu particulier. Le topo ne pourrait pas mieux le décrire :  » Il faut monter sur le tabouret complétement ridicule, puis sauter pour attraper un bac. »

Nous avons fait aussi Blimp, une 20 en trad très recommandée par le topo. C’est un dièdre de 90° (corner), ce qui est rare dans les Grampians. La ligne et le rocher sont impeccables, les possibilités de protection corrects mais il vaut mieux avoir des réserves car la voie est longue et soutenue.

C’est aussi autour d’Halls Gap que l’on trouve les principaux points d’intérêts touristiques : Balconies, Mackenzie falls et autres lookouts. Ici on roule sur de l’asphalte et non plus sur les routes de terre. Forcément on croise donc plus de monde. Nous sommes allé voir par curiosité quelques points de vue mais on a trouvé que cela n’apportait pas beaucoup plus par rapport aux marches d’approche que l’on fait pour rejoindre les secteurs d’escalade. À part la foule en plus.

Sud des Grampians, Victoria Range

Un grand nombre de bons secteurs d’escalade se trouvent dans le sud des Grampians. Le coin est plus sauvage et éloigné du reste des Grampians. Nous avons dormi dans le bush plusieurs nuits sans voir personne à part des émeuts, des wallabies, toutes sortes de perruches et un kookaburra un peu trop envahissant.

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Malheureusement, cette région est la plus concernée par la fermeture des secteurs.

 Du jour au lendemain et sans n’avoir consulté personne, le parc a décidé de fermer plus de la moitié des secteurs d’escalade pour des raisons assez obscures. La situation est préoccupante pour les grimpeurs australien mais aussi internationaux car la réputation des Grampians va au delà des frontières australiennes. Un article de Simon Carter explique très bien la situation actuelle.

Cependant, un manque de clarté nous a permis de grimper sur certains secteurs. Les secteurs Gallery (un des meilleurs) et Millenium sont clairement fermés avec des panneaux indiquant l’interdiction de grimper et mentionnant une amende autour de 1600 $AUS en cas de non respect. Cela nous a un peu refroidit, mais nous avons tenté notre chance aux secteurs Muline et Redrocks ou aucun panneau n’était encore posé.

Nous avons adoré les dévers de Muline. Estelle a fait son premier 24 en Australie Krankandangle après les tentatives non enchaînée de voies du même niveau à Spurt Wall et à Tribute.

Michel c’est lancé dans Eye of the Tiger, 29, une voie qu’il a adoré et qu’il ce verrait bien travailler. Dommage qu’on en ai pas de comme ça en suisse.

Le lendemain, notre dernier jour au Grampians, nous avons découvert le secteur Redrocks. Celui-ci possède un bon mélange de voies en trad, mixtes et équipées ainsi qu’un bon mélange de cotations. Michel a enchaîné Strike the first blow, une belle 25 technique en traversée. Conflicting Vengeance, 19, est une très belle voie longue, légèrement déversante et avec un rocher très sculpté.

Vertebrae, 19, est une autre voie qui vaut le coup (même si le rocher est de moins bonne qualité par rapport au standard des Grampians) car elle se termine sur une belle petite tour.

On c’est résigné à partir des Grampians car il nous restait encore beaucoup de sites à aller découvrir, où on ne peut pas faire l’impasse si on fait un voyage en Australie : les Blue Mountains, Nowra et Point Perpendicular.

On retiendra surtout les voies magnifiques (presque artistique) de Muline, les murs imposants de Taïpan Wall et le rocher noir de Rage and Ruin au secteur Bad Moon Rising.

L’Australie est un pays incroyable pour l’escalade et offre une grande diversité de grimpe différentes.

Pour plus d’information sur les autres sites où nous avons grimpé dans ce pays, cliquez ici.

Si vous avez une expérience à partager sur l’escalade en Australie ou des questions sur les Grampians, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires.

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