Se déplacer en Amérique du Sud

Lors d’un voyage en Amérique du sud, on peut vite se retrouver à devoir parcourir de longues distances entre deux destinations. Pour bien comprendre, voici un résumé de notre parcours.

Nous avons commencé en Equateur, où nous sommes resté 3 semaines à Quito et dans les environs (otavalo, machachi), pour la randonnée et l’alpinisme. Puis nous sommes parti pour La Paz qui a été notre camp de base pour visiter la Bolivie.
Ensuite nous voulions aller en Patagonie. Pour des raisons de temps et d’intérêts, nous avions décidé de ne pas nous arrêter dans le nord du Chili et de l’Argentine. Le programme dans ces pays étant du nord au sud :
Bariloche, Piedra Parada, Cerro Castillo et El Chalten.

Nous avions prévu de prendre l’avion de Quito à La Paz et de La Paz à Santiago du Chili. Et de faire le reste des trajets en bus.
La réalité fut quelque peu différente…

1. L’avion de Quito à La Paz

Nous voulions un peu de flexibilité pour notre voyage en Amérique du sud. Pour cela, nous n’avons acheté aucun billets en avance pour voyager à travers le continent. Nous avons bien fait car nous avons passé plus de temps que nous avions envisagé en Équateur avec un séjour en Amazonie qui s’est rajouter au programme sur un coup de tête.
À cause de problèmes de wifi à notre hôtel, nous avons eu du mal à acheter nos billets d’avion. Surtout, Michel a acheté 2 billets à son nom. Même si c’est flagrant que cela ne peut que être une erreur, il n’est pas possible de modifier le deuxième billet de Michel pour Estelle. Il a fallu passer plusieurs appels internationaux pour finalement devoir annuler les 2 billets et refaire toutes les démarches avec quelques frais d’annulation en plus bien sûr.
Nous nous en sommes sorti pour 1200$ et un vol de 5h35, changement à Lima au Pérou compris.

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Le Cotopaxi vu de l’avion

Nous arrivons à La Paz à 1h30 du matin… sans nos bagages. Après de longues minutes à regarder le tapis roulant se vider de toutes les valises, sans jamais voir les notre arriver, après avoir espéré, alors qu’il est déjà vide, que ce n’est qu’un retard et que bientôt deux valises vont faire leur apparition, nous nous résignons à aller trouver un bureau de la compagnie aérienne.
Il est 2h du matin, l’aéroport est vide mais pourtant, nous arrivons à trouver quelqu’un qui peut nous renseigner : nos bagages sont à Lima. Ils ont loupés la correspondance.

Deux jours plus tard, ils nous seront délivrés à l’hôtel et nous pourrons faire de nouveau des plans pour randonner ou escalader dans le pays.
3 touristes aurons moins de chance que nous : on leur à voler leur bagages à main pendant le vol. Pas sûr qu’ils aient pu les retrouver.

2. 4 jours de bus de la Paz à Bariloche

Voyager de La Paz à Santiago a encore été une autre histoire. Nous n’avons trouvé que peu de vol disponibles, chers et à des dates tardives. Un peu trop tardives pour nous. Nous avions 2 options : prendre un vol plus tard que prévu et trouver d’autres coins à visiter en Bolivie en attendant ou prendre le bus pour se rendre le plus vite possible à Bariloche.
Après avoir passé un mois et demi sans grimper, nous avion hâte de tâter le rocher au refuge de Frey. Nous avons donc choisi l’option bus.

Sur internet, nous avons trouvé un billet La Paz- Antofagasta (2ème plus grande ville du Chili, située au nord du pays) avec un changement de bus à Oruro (Bolivie). Il y a des places pour le lendemain. Nous l’achetons.

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Terminal de la Paz. Photo : Lapazlife.com

A 6h du matin, nous nous rendons au terminal de La Paz. Il est presque vide mais les employés des compagnies de bus sont déjà au taqué : ils crient le nom de la destination de leur bus, tout en se jetant sur la première personne qui entrerait dans le terminal.

Oruuuuuu, oruuu, oruuu, orurooooo !

C’est un véritable concert dans le terminal, malheureusement difficile à décrire seulement avec des mots.
Le bureau de notre entreprise de transport s’ouvre. Nous tendons à la femme nos billets internet imprimés à l’avance :
« – No funciona
– Quoi? Comment ça, ça ne fonctionne pas? Mais on a payé nos billets. »

Pas moyen de négocier, la femme ne reconnait pas nos billets. Nous ne pouvons pas lui demander de vérifier dans quelque système où nous serions enregistré, il n’y a que des machines à écrire dans les bureaux.
A contre-cœur, nous lui rachetons un billet jusqu’à Oruro. Elle nous tend un bout de papier froissé écrit à la main. Le décalage est grand entre nous qui avons l’habitude d’acheter tout par internet et des compagnies qui ne se sont même pas encore mis à l’informatique. Depuis, on a toujours acheté nos billets directement aux terminaux de bus et cela c’est toujours bien passé.

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Terminal de bus de la Paz. Photo : Opinion

Nous arrivons à Oruro. Changement de bus. Cette fois, cela fonctionne avec notre billet informatique, pas besoin de payer une deuxième fois cette partie du trajet.
A 14h, nous montons dans un vieux bus. Nous arriverons à Anfofagasta le lendemain matin. Pour passer le temps, un animateur pose des devinettes dans le bus.

« – Quel animal dort avec un œil ouvert et l’autre fermé? »

Puis il entame un discours sur l’alimentation saine tout en distribuant des bonbons aux passagers.

Le temps passe et on se rend compte que les toilettes du bus ne fonctionnent pas. Le prochain arrêt est dans quelques heures. Les adultes patientent mais pas les enfants. On commence à sentir des odeurs de pisse dans le bus, se mélangeant avec la transpiration des personnes ayant passer déjà plusieurs heures enfermés. Un père de famille nettoie le sol avec du papier toilette. Pendant la nuit les enfants dormirons à ce même endroit où ils ont fait leurs besoins un peu plus tôt.
On nous avait dit que les bus étaient très confortables en Amérique du sud.
On a pas dû tomber sur le bon…

Nous arrivons à Antofagasta et nous enchaînons avec un autre bus (plus moderne) jusqu’à Santiago. Puis de Santiago à Osorno et enfin de Osorno à Bariloche.

Carte du trajet ici

On nous avait dis que le bus faisait partie intégrante d’un voyage en Amérique du sud. Ainsi, on s’est offert ce voyage de 4 jours et de 3600 km. Et ça se fait bien, on s’y habitue mieux que ce qu’on peut s’imaginer.

3. Du stop avec 35 kg de matériel sur le dos

Si les villes connues sont bien reliées par les bus publiques, le sud du Chili est une autre histoire. C’est ce qu’on a découvert en voulant nous rendre à Cerro Castillo.

Carte explicative ici

Pour nous rendre à Cerro Castillo. Nous avons passer la frontière entre Argentine et Chili en prenant un bus de Esquel à Futaleufu. Puis de Futaleufu un autre bus nous a amené à Santa Lucia, village au bord de la Carretera Austral, la route qui traverse la Patagonie chilienne du nord au sud. D’ici, plus de bus. On nous dit que peut être il y en a un à 17 h qui va à Coyhaique, la prochaine grande ville, située 100km au nord de Cerro Castillo. On nous conseil le stop.

On se retrouve ainsi, à faire du stop au milieu d’autres groupes dans la même situation que nous, sur une route où une voiture ne passe que toutes les demi-heures.
On espère qu’un bus va arriver. Il arrive finalement, à 19 h plutôt qu’à 17 h, il est plein et ne va pas à Coyhaique.

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Le matin à Santa Lucia, nous espérons que quelqu’un veuille bien nous prendre en stop

On se résigne à passer la nuit à Santa Lucia dans un camping. Le jour suivant, nous arrivons à nous faire emmener 100 km plus loin en stop, jusqu’à La Junta où nous trouvons un bus pour Coyhaique. Coyhaique est la plus grande ville de cette partie du Chili. Il y a un terminal, il est donc possible de trouver facilement un transport jusqu’à Cerro Castillo.

Mais après notre escale à Cerro Castillo, trouver un bus pour Rio Tranquilo n’a pas très bien fonctionné. Le bureau de tourisme nous signale que des bus passent tous les jours entre 11h30 et 12h30. 3 bus sont effectivement passés dans ces horaires. Aucun, ne s’est arrêté pour nous prendre : ils étaient pleins. On a recommencé à faire du stop.

Un peu plus sûr de nous que la première fois, on a réussi à être pris vite par une femme de Coyhaique qui allait rendre visite à son frère. Tout aurait pu être parfait si notre conductrice ne c’était pas crut dans le film The Fast and the furious sur la Carretera austral. La différence était que nous étions sur une route de cailloux à trous et non sur du béton. Surtout, ça n’a pas aidé qu’elle a conduit à une vitesse impressionnante avec une main et qu’elle tenait son café de l’autre.
Nous sommes restés tendus, accrocher à nos sièges pendant 3 heures. Cependant, on a redoublé tous les véhicules qui ne se sont pas arrêté plus tôt pour nous prendre en stop.

Nous sommes resté un jour à Rio Tranquilo pour voir les cathédrales de marbre puis nous avons rejoint la frontière par Chile Chico en bus.

Photo des grottes de marbres

Le trajet de Rio Tranquilo à Chile Chico est magnifique : une route entre lac et montagne.

Photo de Rio Tranquilo à Chile Chico

L’enchainement des bus à partir de Rio Tranquilo c’est bien passé et – à part l’indigestion de Michel à cause de la fête des cerises à los Antiguos – nous avons rejoint facilement El Chalten, notre prochaine destination grimpe.

4. Conseils pour se déplacer sereinement en Amérique du Sud

  • Le réseau de bus est bien développé en Amérique du sud entre les grandes villes. Le plus facile est de se rendre au terminal et d’acheter son billet directement aux agences présentes.
  • Certaines destinations sont très demandées pendant l’été. Pour nous, ça a été le cas pour le trajet El Chalten-Bariloche. Nous l’avons pris 5 jours en avance et il ne restait que 2 place. Cependant, il y a toujours des alternatives, par exemple un vol El Calafate-Bariloche est possible.
  • Le sud du Chili est moins pourvu en bus mais cela devrait se développer avec l’augmentation du tourisme dans cette zone.
  • Le stop est une solution économique pour voyager et peut être une bonne expérience lorsqu’on a du temps et des sacs agréables à porter (pas lorsqu’on a tout le matériel d’escalade et d’alpinisme avec soit)
  • Une autre alternative, mais qui permet de se déplacer plus facilement et de sortir un peu plus des sentiers battus et de louer un van. Dans le sud, la location d’un véhicule est cher, les routes ne sont pas toujours bétonnées et il faut faire attention à la gestion de l’essence mais pour nous, si c’était à refaire, nous aurions beaucoup aimé voyager en van.

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