Mojon Rojo

Lorsque nous arrivons un matin en bus à 6h à El Chalten, il pleut. Tout est encore fermé et nous n’avons aucun hébergement de réservé. Tous les hôtels affichent complet. En fait, nous le comprendrons plus tard, ils attendent l’heure du check out (11h-12h), pour prendre de nouveaux clients. Nous n’ attendons pas jusque là, nous nous installons au camping, une solution économique.

Nous commençons à nous renseigner, sur ce qu’on va pouvoir faire les prochains jours à El Chalten. En regardant la météo et en discutant avec d’autres grimpeurs, nous apprenons qu’il y une fenêtre de 2-3 jours de beau le lendemain. Une fenêtre de beau! Elles sont précieuses dans le coin, il n’y en a pas souvent. A partir de cette nouvelle, tout s’accélère, il faut partir demain. Compte tenu de notre inexpérience pour des courses aussi dures qu’à El Chalten, nous décidons d’aller faire le Mojon Rojo (altitude : 2170 m), une des montagnes les plus abordable. C’est plus de l’alpinisme que de l’escalade. On y trouve pas le granite si réputé de El Chalten. Mais il se trouve dans la chaîne du Fitz Roy et il offre une belle vue sur ce dernier et le Cerro Torre. Comme on ne sait pas si on aura d’autres occasions de bien les voir, on décide d’y aller sans hésiter.

La nuit n’est pas très reposante avec nos voisines de tente qui ont parlé jusqu’à 2h du matin et le réveil à 5h.

Nous nous mettons en route à 5h30, un peu avant le levé de soleil sur le sentier de randonnée de la Laguna de los Tres. Bientôt, nous apercevons pour la première fois le Fitz Roy, baigné de la lumière rouge du matin. Nous faisons une halte au mirador du Fitz Roy pour admirer entièrement la magnifique chaîne de montagne dans sa totalité.

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La randonnée est quasiment plate jusqu’au camp Poincenot (8km et 300 mètres de dénivelé). On s’y attendait pas mais à cet endroit, nous tombons sur une cinquantaine de tentes. Ce camp, qui autrefois servait de camp de base aux alpinistes est très en vogue pour le bivouac des randonneurs.

Après Poincenot nous continuons vers Rio Blanco, puis, après avoir traversé le pont principal, nous bifurquons sur notre gauche, sur un chemin plus discret qui longe le Rio Blanco et permet de rejoindre la laguna Sucia. A partir de là, nous nous retrouvons seuls, le chemin principal continuant vers la laguna de los Tres.

Le chemin cairné, longe la rivière tout en passant par la forêt, puis rejoint un pierrier moins agréable. Arrivé à la Laguna Sucia pour la première fois, on peut qu’être en admiration pour cet endroit. Le cadre est magique avec les montagnes raides et lisses et le glacier dont des morceaux de glace tombent de temps en temps dans la laguna.

 

Nous continuons en suivant un petit chemin avec des cairns le long de la lagune avant de monter (pas trop tôt) vers les dalles rouges, le long d’une petite rivière qui se jette dans la lagune. Plus haut, un passage de cailloux permet de traversé la rivière. De là, le bivouac n’est plus très loin. Nous arrivons au bivouac des Suisses à 11h30.

Le bivouac (un trou creusé au dessous d’un grand bloc) offre des places pour 4-8 personnes. Nous avons la chance de trouver un seul endroit 50 mètres plus loin avec la possibilité de poser notre tente (c’est une belle petite terrasse entre tous les cailloux). Après avoir tout installé et avoir mangé un bon pique nique nous décidons de tenter notre chance et d’aller essayer de faire le sommet le jour même.

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Nous repartons à 12h30. En suivant des cairns, nous arrivons sur un petit pas d’escalade (II) après 5 minutes, juste à gauche de la rivière.

Après, le chemin devient de nouveau facile sur des cailloux. Un peu avant le glacier, le terrain devient dalleux. Enfin, on atteint la partie glacière (45 min depuis le bivouac). La neige est déjà assez molle (il est environ 13h30). Pourtant, nous voulons essayer. Après quelques minutes, nous trouvons une trace bien à droite qui longe les rochers. Nous la suivons jusqu’au plateau glacière avant le sommet. Il y a beaucoup de crevasses et avec la neige molle la marche est délicate. 3-4 fois nous nous enfonçons jusqu’au genou. Le passage avant d’arriver au col est particulièrement pénible.  Sur un plateau, nous croisons une cordé de trois qui ont fait le sommet juste avant nous. Ils nous avertissent qu’il y a encore d’autres crevasses avant d’arriver sur le rocher pour la montée finale jusqu’au sommet. Après qu’ils soient partis, nous sommes de nouveau seuls dans cet endroit paradisiaque mais aussi un peu menaçant.

 

Nous continuons pour la dernière partie dans la neige. Michel a découvert la crevasse dont les autres ont parlé car il s’y est enfoncé jusqu’au hanches… heureusement elle n’est pas très profonde. On est content d’arrivé au rocher mais aussi un peu stressé pour la descente plus tard avec la neige encore plus molle.

La montée dans les cailloux est techniquement facile mais les rochers sont parfois instables. A la fin du pierrier, un espèce de couloir donne accès au plateau sommital. Nous utilisons la corde pour ces 10 mètres d’escalade en III max.

La descente peut se faire en rappel (sangle avec maillon) confortablement avec une corde de 40m.

Encore 3 minutes sur les dalles qui mènent au sommet, puis le Cerro Torre et sa chaîne de montagne apparaissent. Quel spectacle! Comme on est content d’être à cet endroit!

 

Il ne manque, que le bloc du sommet à grimper. 5 mètres de 4+ sans protection possible, raide mais avec de grandes prises un peu lisses. En haut, des sangles et un maillon rapide permettent descendre en rappel. Ainsi, nous arrivons sur notre premier sommet à El Chalten. Cela avec un temps magnifique : grand beau, pas de vent et des températures très agréable.
Un rêve! Après 20 minutes, nous attaquons la descente.

Cela se bien passe bien, malgré la neige molle parce que nous connaissons déjà les endroits à crevasses. De plus, nous avons pu contourner toute une partie du glacier (la partie la plus concentrée en crevasse) en marchant sur une bande rocheuse. Une variante recommandé pour la descente.
Parce que nous passons sur cette bande rocheuse au milieu du glacier, nous devons remettre et enlever les crampons deux fois. Ces manipulations prennent du temps, c’est pourquoi nous ne sommes pas très rapide pour descendre (1h40 jusqu’au bivouac Suisse).

Nous sommes content de retrouver notre tente et nous pouvons profiter d’une belle soirée pour cuisiner dans cet endroit magique.

Le lendemain Michel se réveille au lever de soleil pour observer les montagnes teintées de rouge. La marmotte Estelle fera une nuit de 11h30, profitant du calme.

Le retour au village se passe sans difficulté. A la fin nous commençons à être fatigué et après la solitude là-haut, c’est dur de partager le chemin avec environ 1000 randonneurs.

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Le Mojon Rojo, notre premier sommet à El Chalten

La météo aurait été bonne pour enchainer un ou même deux jours en montagne mais pour commencer nous étions très content d’avoir fait le Mojon Rojo. Nous n’avons pas regretté car c’est une montagne que nous étions pratiquement sûr d’enchaîner. En revanche, un essai dans une voie plus dure n’aurait pas forcément fonctionné avec notre niveau et notre matériel (Nous n’avions pas 2 jeux de friends complets). Ainsi, nous avons pu réussir un sommet, qui sera finalement le seul dans cette région.

Rappel en chiffres du Mojon Rojo:

Altitude : 2170 m

Dénivelé : 1760 m

Dénivelé et distance de El Chalten au bivouac des Suisses : 1000 m, environ 13 km

Dénivelé du bivouac des Suisses au sommet : 760 m

 

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