Piedra Parada

Le site de Piedra Parada c’est fait connaître notamment grâce au Petzl rock trip en 2012. C’est un site majeur pour l’escalade sportive en Amérique du sud. Pour cela, nous voulions y faire un tour.

Situé sur la routa 40, entre Bariloche et El Chalten, le site, connu essentiellement par les grimpeurs ou les randonneurs, n’est pas des plus faciles d’accès.
Pour y aller avec les transports en commun, il faut d’abord se rendre à Esquel situé sur la route 40, la route principale. Il y a des bus qui font la liaison entre Bariloche et El Chalten qui s’y arrêtent régulièrement. Ensuite, un bus part d’Esquel pour Piedra Parada 2 fois par semaine. Mais d’après notre expérience, les horaires et les jours des bus en argentine et au chili changent beaucoup. Il faut se renseigner sur place.
Nous avons eu la chance de ne pas devoir prendre les transports publiques car nous avons été à Piedra Parada avec le bus de Manu, la Chanchita. Cela prend environ 7 heures de route avec les pauses. Nous nous sommes notamment arrêté pour manger une glace à El Boston. La dernière partie de la route n’est pas bétonnée ce qui ralenti la progression.

 

Sur place, nous nous sommes installés au camping. Il est simple mais il y a beaucoup d’espace avec la possibilité de s’installer sous des arbres pour l’ombre et de faire son feu pour le soir.
De temps en temps, les vaches ou les chevaux peuvent vous rendre visite. L’eau est potable (petits désagréments possibles). Il y a 4 douches : 2 pour les hommes et 2 pour les femmes. Nous avons eu de l’eau chaude au moins un jour sur deux. Si on peut emporter sa nourriture pour le séjour c’est idéal, sinon le camping vend des produits de base : pâtes, quelques légumes, pain, gâteaux…
Du camping, on peut aller sur tous les secteurs de grimpe à pied. L’entrée du canyon et les premiers secteurs sont à 5 à 10 min. Le secteur le plus éloigné (Calavera) est à environ 40 min de l’entrée du canyon.
Il y a des secteurs dispersés dans tout le canyon (de chaque côtés du canyon principal et dans des canyons secondaires) ainsi on trouve toujours des coins à l’ombre ou au soleil en fonction des températures.

Y étant fin décembre et début janvier, nous nous attendions à avoir chaud. Mais les températures ont été parfaites pour grimper. Il a même certains jours où il a fait assez froid pour qu’on puisse grimper au soleil. Mais c’était peut être exceptionnel pour la saison.
Les 10 jours que nous sommes restés nous ont permit d’avoir un aperçu de beaucoup de secteurs. On trouve des voies dans presque toutes les cotations mais les difficultés se trouvent majoritairement dans le 6 et le 7.

Voici un aperçu des secteurs que nous avons fait :

Ongi Etorri. A l’entrée à droite du canyon. Il est au soleil l’après-midi. Très agréable si on veut profiter du soleil du soir. Les voies, surtout dans le 6, sont verticales, techniques et d’une bonne longueur mais il y a une vire un peu fragile au milieu du mur.

El Alero. Secteur avec des voies faciles à gauche (4 et 5) et plus dures à droite. Débuts souvent lisses et techniques sur les voies dures. La suite des voies est souvent très sculptée, assez unique avec des prises en écailles de toutes formes. On se demande parfois si elles vont tenir sous notre poids. La classique Mickey Mouse (6b) est une voie extraordinaire dans son niveau.

Gruyere. Même si les ouvreurs ont encore confondu gruyère et emmental, on trouve sur ce secteur, du rocher à trous. Il y a des trous partout, dans toutes les tailles : du monodoigts à taille humaine. On pourrait presque mieux parler de rucher plutôt que de gruyère. En effet, la concentration de trous fait parfois penser aux alvéoles d’une ruche. On y trouve des longues voies dans le 5 et le 6. Amusant et assez unique à grimper. On a jamais vu du rocher pareil malgré nos 10 ans « d’expérience » de grimpeurs et voyageurs. Le site passe au soleil tôt dans la matinée.

Ojos de Buda. Petit site assez classe dans son style avec des voies techniques sur petites (voir micro) prises dans le 7. La classique du secteur est Liberen a Willy (7a). Pour réussir le passage clé à la fin, il y a 2 options : être grand ou être fort.

Totem. Un grand monolithe sur un côté du canyon. Pico de pato (7b) est la voie la plus populaire. C’est une longue ligne attractive qui se voit déjà de loin. Elle est technique avec 2-3 passages clés. C’est fortement recommandé d’enchainer à vue pour ne pas devoir tirer une deuxième fois sur des prises qui pourraient casser à chaque moment. C’est un miracle que tout à finalement tenu après le passage de Michel.

La Penca. C’est un gros bloc posé au milieu du canyon avec 3 voies. Une ligne évidente traverse le milieu de la face. C’est Sombras, une belle 7a. Le passage clé se trouve à la fin. Le secteur reste à l’ombre jusqu’au milieu de l’après midi.

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Estelle dans Sombras. Photo : @chanchitabus

Ortigas. C’est un grand secteur qui reste toujours à l’ombre. Le coin est très populaire et les voies en 6a-6b sont souvent occupées dès la fin de la matinée. Ces voies ont souvent des extensions dans le niveau 7. Cela permet de pouvoir grimper sur de belles longueurs. On recommande Pety gourmet extension (6b+), la Pensa llena (6c), Cascarroña (6c+/7a) et la Enana blanca (7c). C’est un bon secteur pour observer la culture du maté, qui est consommé entre deux voies d’escalade, ou simplement toute la journée.

El Circo. Secteur à l’ombre le matin et le soir. De nombreuses voies dans tous les niveaux. Le secteur assez populaire comme Ortigas. Les voies sont longues, plutôt verticales dans 6 et en léger dévers dans le 7.

El Anfiteatro. La partie de droite comprend quelques voies en 6b-6c, dans un style avec beaucoup de failles et de verticales. La partie de gauche comprend un grand choix de voies dans le 7. Le site est d’ailleurs un des plus populaire dans ce niveau. Malgré sa popularité, il n’y avait plus personne pour encourager Estelle quand elle a enchainé Los Limites de la partner (7b) le 1er janvier.

Escorpion. Secteur quasiment toujours à l’ombre. Escalade en 6a et 6b sur dalle. Tiempos modernos (6a+) offre l’escalade la plus variée du secteur. Après la dalle du début, l’escalade devient plus verticale et finit sur des gros trous.

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Manu dans Tiempos modernos

El Parlamento. Le secteur offre une escalade plus déversante sur plus ou moins bonnes prises suivant la difficulté qui va du 7a jusqu’à 8a+. On y trouve des voies de résistance avec certains passages blocs pour Romantic line (7a) et Los fabulosos cadillacs (8a). Ce sont les deux voies que nous avons grimpé sur ce secteur et on ne peut que les recommander. Le site tombe à l’ombre vers 15h.

El Alambrado. Un secteur sur du beau rocher orange avec des voies variées et des cotations gentilles. Le secteur ne comprend que 4 voies. Toutes sont dans le niveau 6. Comme les voies sont juste au bord du chemin, il est possible d’y grimper rapidement lors d’un déplacement entre 2 secteurs. A l’ombre le matin.

Manu et Taylor au secteur Alambrado

Jardin del Eden. Un endroit assez unique par rapport à sa situation. C’est comme un petit amphithéâtre creusé sur un des côté du canyon. Le secteur est protégé du soleil à part autour de midi. L’escalade est verticale sur des prises variées (réglettes, plats, trous, bacs). Les voies sont longues et soutenues.

On se demande juste si après avoir équipés les 4 premières voies, de 6a à 6b+, les équipeurs ont manqué de spits pour équiper la dernière ligne en 6c+ (beaucoup plus engagée que les autres voies).

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Impression du secteur Jardin del Eden

Canon de la sombra. Secteur toujours à l’ombre avec de belles longueurs dans la partie droite. Escalade en léger dévers variant entre des parties dures, plutôt techniques sur réglettes, et des parties plus faciles sur bacs. Il y a deux voies courtes au début de ce canyon secondaire que nous n’avons pas grimpé. Mais un peu plus loin y il a 6 voies plus longues. Nous avons grimpé les 4 voies les plus à gauche (6c+, 7a+, 7b et 6c qui n’ont pas toujours de nom) et elles sont toutes très belles. Elles font parties des voies préférées d’Estelle à Piedra Parada.

La Olita. Escalade en dévers sur bacs et sur du rocher à trous. Les formes du rocher ressemblent d’ailleurs au secteur Gruyère mais en plus déversant. Malgré le dévers, la quantité de trous est tellement importante que le niveau se trouve dans le 6. Le rocher est abrasif, il faut mieux y grimper lorsque l’on a assez de peau. On a mal aux mains après la voie mais cela vaut le coup d’y laisser un peu de peau car c’est rare trouver une telle grimpe. Ce site passe au soleil à 15h.

 

Estelle dans la partie finale de El ataque de la hormona. Photo : @chanchitabus

La Calavera. Le site est situé de part et d’autre de l’entrée d’un canyon secondaire, le canyon de la Calavera. Les voies vont de 6b à 8b en dévers (léger dévers pour les voies à droite du canyon secondaire, plus incliné sur les voies à gauche). La tête de mort (7a), une voie très déversante sur bacs, est une des plus belles voies et offre une escalade unique pour le site. Mediacratia (7b) à droite du canyon de la Calavera est aussi une belle ligne dans un style fissure qui se grimpe en dulfer.

Canon de la Calavera. Beaucoup de voies variées dans ce canyon secondaire où on peut trouver de l’ombre toute la journée. C’est un secteur difficile à décrire car on y trouve un peu de tout : des voies dans tous les niveaux, de différentes longueurs avec des styles différents (du dévers physique à du vertical technique). C’est aussi dans ce canyon que Pirmin Bertle a ouvert Azul es cielo de los ciegos (9a), la seule voie de Piedra Parada dans le niveau 9.

Dans un niveau plus bas, une ligne évidente est la Flecha (7b). Une longue voie technique impressionnante sur du rocher coloré, malheureusement avec quelques prises un peu friables, qu’il ne faudrait pas serrer trop fort.

Différentes voies dans le Canon de la Calavera

El Gallinero. Une seule et belle ligne sur un pilier : Gallinita (6b). Longue voie variée, physique en général avec un rétablissement qui finit sur une dalle. Pour cette dernière partie, on a l’impression de marcher sur des œufs. Dure pour la cotation.

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Michel dans Gallinita. Photo : @chinchitabus

Pour conclure, on peut dire que nous avons passé de très bons moments à Piedra Parada : l’escalade et la vie sur le camping étaient très agréables. En comparaison avec tous les sites où nous avons été en Amérique du sud, Piedra Parada est de loin le meilleur pour l’escalade sportive. Cela vaut le détour pour les grimpeurs qui prévoiraient un voyage en argentine.

Note : Nous ne parlons que des secteurs ou les voies que nous avons fait. Comme nous n’avons pas pu faire toutes les voies ou les secteurs, nous sommes forcément passé à côté de belles choses qui ne sont pas mentionné. Ce sera peut être pour un futur voyage…

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